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Notre Histoire

Vivre de sa dépendance au kayak

Jean-Marc Gilbert

Jeudi 22 juin 2017

Bien de l'eau a coulé sous les ponts depuis le temps où Jean-François Haman gérait une école de kayak à partir du garage de sa résidence de Lachenaie, en 1999. Aujourd'hui, il exploite Kayak Junky, une boutique de vente, location et réparation de kayak et autres embarcations ainsi que de vente de vêtements et accessoires requis pour la pratique de divers sports nautiques.

Celui qui a expérimenté le kayak pour la première fois au cégep, par le biais des cours d'éducation physique, a découvert d'autres types d'embarcations, de fil en aiguille, et est devenu tellement passionné qu'il a décidé d'ouvrir sa propre école. Une solide relation s'est rapidement bâtie avec ses élèves. «Quand on part en kayak et qu'on passe les soirées autour d'un feu, forcément, ça crée des liens», raconte M. Haman, en parlant de la fidélité de ses élèves qui revenaient constamment le voir pour parfaire leur technique, mais aussi pour lui demander de commander de la marchandise. «J'ai vu qu'il y avait une opportunité. Il y avait de la demande, mais aucun point de vente dans la région», relate celui qui a fondé Kayak Junky en 2004, à même les locaux du Studio de danse 360 appartenant à sa conjointe, Isabelle Bélanger.

Une pancarte pendant sept minutes

Malgré un déménagement en 2005, les locaux sont rapidement devenus trop étroits. «J'ai commencé à chercher près de la rivière Mascouche, car je savais qu'elle avait un potentiel à exploiter», raconte l'entrepreneur.

Souvent, il passait devant les locaux de Tapis Ste-Marie, situés à l'angle du chemin Saint-Henri et du boulevard Sainte-Marie, mais il n'avait jamais l'occasion d'arrêter pour rencontrer le propriétaire et savoir s'il avait l'intention de vendre. «Un jour, je passe devant et je vois une pancarte à vendre. Tout de suite, j'appelle au numéro. Le vendeur est tombé par terre. Il m'a dit : “Ça fait sept minutes que j'ai posé la pancarte!”», se souvient M. Haman, amusé.

Donc depuis 2011, les locaux de Kayak Junky sont situés à cet endroit. Tout juste de l'autre côté de la rue, un escalier en bois permet aux plaisanciers de descendre jusqu'à la rivière Mascouche. Ceux qui louent leur embarcation chez Kayak Junky peuvent accéder à l'eau directement à partir de cet endroit.

Double emploi

Jean-François Haman ne savait pas que son entreprise allait prendre autant d'expansion pour devenir ce qu'elle est aujourd'hui, d'autant plus qu'il s'agit d'un deuxième travail pour lui. Le jour, il se rend à Montréal pour son emploi principal dans un tout autre domaine. La plupart des soirs et la fin de semaine, il est chez Kayak Junky, ce qui lui donne peu de temps libres. «Je n'ai même plus le temps de faire du kayak», lance-t-il, à la blague.

Lorsqu'il ne peut pas être à la boutique, il peut compter sur son fidèle employé Laurent et l'aide de trois ou quatre étudiants ou stagiaires pendant l'été.

Il rappelle aussi que son commerce est ouvert en hiver, car contrairement à ce qu'on peut penser, le kayak est un sport quatre saisons. Du moins, en eaux vives, car l'eau des rapides ne gèle pas. Il ne faut penser qu'à porter les vêtements appropriés.

Expansion à venir?

Lorsqu'on lui parle de l'avenir de Kayak Junky, le propriétaire de 47 ans entrevoit la possibilité de se concentrer uniquement à son commerce, d'ici quelques années.

Quand il s'y consacrera à temps plein, il se penchera plus sérieusement sur un projet d'expansion qui lui trotte dans la tête. «J'aimerais ouvrir d'autres succursales, mais c'est difficile de trouver des gens qui ont les connaissances et l'expertise pour bien conseiller les clients. Ceux qui connaissent ça aiment jouer dehors. C'est difficile de les attirer et les garder à l'intérieur», fait-il remarquer.

Son principal défi à venir sera donc de transmettre sa dépendance du kayak à d'autres qui accepteront de travailler en magasin, quitte à pagayer un peu moins.